Les maçons

La migration saisonnière des maçons de Sannat

La migration saisonnière des maçons fait la singularité de la plupart des communes de notre département. Phénomène unique en France de par son ampleur dans le temps et dans l’espace, il a profondément façonné l’identité creusoise et marqué notre histoire.

Sannat fut une commune maçonnante, bien que située à la limite de ce nord-est de la Creuse qui ne migra guère. Elle en garde le témoignage dans ses maisons dites “retour de migrants”, ses bâtiments agricoles anciens, et dans son église érigée à la fin du 19ème siècle comme fier symbole du savoir-faire de ses maçons et de ses tailleurs de pierre.

Pour introduire ces lectures de manière agréable vous pouvez écouter notre “hymne creusois” revisité brillamment par Jean-Paul Jamot Les maçons de la Creuse”

 

Les hirondelles blanches

Ce tableau a été établi grâce aux recherches effectuées par Anne-Marie Maleterre-Delage à partir des fiches matricules consultables sur le site des Archives départementales de la Creuse. Elles ne concernent qu’une période limitée, en gros celle de la IIIème République avant la première guerre mondiale (1870-1914), et qu’une partie des migrants, ceux qui déclaraient à l’autorité militaire leurs lieux de résidence temporaire. Ces documents n’en constituent pas moins un riche outil qui permet de se faire une idée plus précise de ce que fut localement, pour notre commune, la migration, en particulier son évolution dans le temps et la localisation des destinations des migrants. Nous avons analysé ces informations dans le commentaire précédent. Le détail du tableau permet de visualiser ces migrations, et pourquoi pas d’y trouver un ancêtre.

Les lignes en caractère gras et surlignées en jaune informent sur l’état-civil des personnes, les autres, les villes de migration. Le premier nombre indique l’année de migration (réduit aux 2 derniers chiffres…92 signifie 1892 ou 02 : 1902). Le second nombre, après le nom de la ville, mentionne le N° du département.

Tous les migrants cités ont habité Sannat, mais pas obligatoirement toute leur vie. Ils peuvent être nés à Sannat puis avoir déménagé, comme à l’inverse ils peuvent être nés ailleurs puis être venus habiter ici. L’adresse est celle qui était la leur à leurs 20 ans, au moment du conseil de révision.

La migration saisonnière des maçons des anciens cantons d’Evaux, d’Auzances et de Chambon.

L’étude que vous pouvez consulter en téléchargeant cet article traite également de la migration des maçons et autres ouvriers du bâtiment, qui quittaient nos campagnes chaque début de printemps, pour y revenir à la fin de l’automne. Mais au contraire des études précédentes qui concernaient essentiellement la commune de Sannat, celle-ci augmente son périmètre d’investigation en s’intéressant à l’ensemble des communes des 3 cantons de notre partie de Combraille, celles des anciens cantons d’Evaux, de Chambon et d’Auzances. C’est cette fois 31 communes, de tailles variables, qui sont étudiées. Cela représente un nombre important de migrants, près de 2000, et de migrations, près de 7000, qui ont été répertoriés dans des tableaux que nous pouvez consulter et qui ont fait l’objet d’un travail d’analyse et de synthèse que vous pouvez lire.

​Huile sur toile d’Edouard Dantan,
Limousins construisant une maison rue des Ecoles à Saint-Cloud, 1888
Collection privée

Tableaux des migrations pour les communes des trois cantons

Sur chacun des tableaux les lignes surlignées en jaune contiennent les informations sur l’état-civil du migrant. Les lignes blanches mentionnent les villes ou les villages de migration. Le premier nombre indique l’année (avec seulement les deux derniers chiffres ex : 08 signifie année 1908), le nombre placé après le nom indique le numéro de département ex : 88 signifie Les Vosges. (Le tableau de Sannat, construit suivant une modalité différente qui répertorie un plus grand nombre de migrants, se trouve dans la partie supérieure de cette page).