FLORE DE LA COMMUNE DE SANNAT 

et des communes limitrophes

Cette page recense de façon non exhaustive la flore présente sur le territoire de notre commune et sur les terres bordantes des communes voisines. A moins d’être accompagné d’un géomètre du cadastre ou d’un GPS qui m’alerte du débordement, à la manière d’une clôture électrique, mes balades et les chemins m’entraînent immanquablement hors de nos “frontières”.  Car la nature, elle, n’en a pas et s’en moque comme de sa première graine. 

La flore se divise en deux grands groupes ; les gymnospermes ou plantes à graines qui regroupent essentiellement les conifères ; et les angiospermes que sont les plantes à fleurs et à fruits. 

Ce deuxième groupe se divise lui même en deux classes. Les monocotylédones dont la graine germante ne sort de terre qu’une seule feuille et les dicotylédones dont la germination débute par la pousse de deux premières feuilles simultanément.

Le tout enfin se divisant en plus d’une soixantaine de familles et des milliers d’espèces, sur le territoire métropolitain au moins.

Pour cette flore, je vais utiliser la classification classique. Car il existe maintenant une classification phylogénétique qui redistribue les cartes. Certaines plantes sont passées d’une famille à une autre. Il serait trop long d’expliquer ici les différences entre les deux classifications, d’autant plus que le débat n’est pas clos entre les défenseurs de chacune. Selon les sites internet et les publications anciennes ou récentes, vous pouvez trouver soit l’une, soit l’autre, voire les deux côte à côte. Un exemple parmi ces plantes que l’on trouve sur les deux classifications, le tilleul commun. De la famille classique des Tilliacées , il est maintenant de la phylogénétique des Malvacées (mauves et autres roses trémières).

Depuis le début de mon recensement, j’ai déjà identifié une cinquantaine de familles sur la commune. 

Certaines familles ne seront que très peu représentées par leurs différentes espèces, soit parce que toutes les espèces ne sont pas présentes sur la commune, soit parce que certaines familles sont représentées par des espèces trop difficilement identifiables les unes des autres sans avoir un labo portatif avec soi. C’est la particularité des ombellifères, très bien représentées par de nombreuses espèces à Sannat et partout ailleurs, mais qui se ressemblent toutes. Le seul moyen de pouvoir les différencier serait de prélever des échantillons et ensuite de passer du temps à la maison muni de pinces fines, d’un scalpel et d’un microscope. D’autres ont la fâcheuse manie de se croiser et de donner hybrides non identifiables. C’est le cas de certaines mauves ou des centaurées qui possèdent les caractères des deux espèces parentes.

Vous ne verrez que les plantes à fleurs ; les angiospermes. Il n’y aura pas de conifères ; les gymnospermes. Si cette page doit présenter notre patrimoine “naturel”, les conifères présents sur la commune ne le sont que pour des motifs économiques et d’exploitation forestière ou ornementale. A propos des plantes à fleurs, je ferai quelques exceptions pour certaines espèces qui ne sont pas naturelles au sens endémique pour le patrimoine tant local que national. Ces plantes qui sont originaires d’autres pays ou d’autres continents, sont communément qualifiées d’invasives, mais présentes depuis des dizaines d’années voire des siècles. Elles font tellement partie de nos paysages que nous les croyons être parmi nous depuis toujours. Un exemple parmi d’autres mais tellement évident au printemps, l’acacia. Qui n’est pas un acacia en fait, mais un robinier d’Amérique fréquent dans l’est des USA et proche cousin des acacias qui sont majoritairement originaires d’Océanie ou d’Asie. 

Toutefois, en fin de page consacrée à la flore présente sur la commune, je dédierai un paragraphe à ces plantes envahissantes.

Vous verrez, malgré ces quelques intruses, que notre flore locale est très riche et parfois rare et j’espère que les images qui vont suivre vous donnerons l’envie d’aller les découvrir de plus près tout en les respectant, car les générations futures ; enfants et petits enfants ; auront moins de chances que nous de les observer dans leurs milieux naturels si rien n’est fait pour sauvegarder la planète.

AMARYLLIDACEES

Perce-neige (Galanthus nivalis)

Le nom de perce-neige est donné à une autre Amarylidacée, la Nivéole de printemps. L’espèce Galanthus représentée ici, est une plante vivace à bulbe vénéneux. Elle pousse dans les bords de haies en semi ombre sur sols neutres à peu acides. Elle a tendance à se raréfier à cause des prélèvements effectués par les promeneurs. Ce seul groupe vu sur la commune fleurit tous les ans sur le bord de la route à la sortie du bourg un peu avant la fontaine Saint-Martin. 

APOCYNACEES

Petite pervenche (Vinca minor)

Chemin du bois des Clotres, étang des Ramades, Luard   Mars 2021

 

Plante herbacée envahissante aux tiges rampantes. Commune dans toutes les forêts d’Europe. Occupe bois, talus, rochers jusqu’à 1300m d’altitude. La plante exsude un latex toxique, blanchâtre, qui renferme un alcaloïde ; la vincamine ; qui aurait des vertus médicinales.

AQUIFOLIACEES

Les Aquifoliacées sont représentées par environ 400 espèces dans le monde. Mais une seule est présente en france ; le houx.

Houx (Ilex aquifolium)

Le houx est un arbuste ou un petit arbre aux feuilles généralement épineuses et persistantes. Les petites fleurs blanches en grappes sont soit mâles soit femelles et apparaissent sur des plants séparés.

ASPARAGACEES

Muscari à toupet (Muscari comosum)

Le Muscari à toupet est une plante dont le bulbe est comestible, consommé en italie comme condiment sous le nom de lampascione.

ASTERACEES

Les Asteracées étaient plus communément appelées Composées. Ce nom de composées a été donné par la nature même de «la» fleur. Car ce que le sens commun appelle fleur ; par exemple une fleur de marguerite, de pâquerette ou de pissenlit ; est en réalité une fausse fleur, un «composé» d’une multitude de fleurs minuscules, les fleurons, réunies en une seule inflorescence. Chacun de ces fleurons s’est spécialisé pour la reproduction, le cœur jaune de la marguerite par exemple. Mais une partie des fleurs s’est spécialisée dans l’attraction des insectes, les «pétales» blanches de la même marguerite qui sont elles-mêmes chacune une fleur. Mais aussi pour la protection des fleurons dans le cas des chardons. Les Asteracées étant fécondées essentiellement par les insectes, la nature pousse encore plus loin les possibilités et les chances d’attirer les insectes en utilisant des artifices que, nous humains, sommes incapables de percevoir. Les yeux des insectes et plus particulièrement ceux des hyménoptères, ont la capacité de voir les ultras-violets et les infra-rouges. Les “pétales” de certaines de ces inflorescences ont donc développé les moyens de réfléchir ces longueurs d’onde invisibles aux yeux humains mais qui transforment une prairie fleurie en véritable luna park pour les abeilles et autres pollinisateurs.

Achillée millefeuille (Achillea millefolium)

L’Achillée millefeuille est gratifiée d’une multitude de noms vernaculaires ; saigne-nez, herbes à dindes, herbe aux charpentiers, herbe aux militaires, herbe à la coupure etc. Cette plante est l’une des plus anciennes plantes médicinales connue. Elle a des propriétés anti saignements et cicatrisante, ce qui doit justifier une bonne partie de ses surnoms. Elle est riche en composés bioactifs et huiles essentielles, près de 80 selon les sources. Elle fait même l’objet de nombreux articles de médecine naturelle, bref c’est la panacée du Sirop Typhon (là, je m’adresse aux plus de 50 ans!).

Elle doit son nom d’Achillée au héros grec Achille qui soignait ses blessures avec cette plante.

Elle aime l’exposition au soleil, la couleur de la variété naturelle, abondante en été, peut varier du blanc au rose pourpre.

Bleuet des champs (Cyanus segetum)

Le bleuet des champs ou bleuet des moissons est une plante adventice des cultures céréalières. A la suite de traitements phytosanitaires massifs, la plante avait quasiment disparu à la fin des années 80. La revue Terre Sauvage avait même émis un avis de recherche et de recensement des lieux ou ses lecteurs pouvaient encore en apercevoir. Mais en France certaines régions ont mis en place des mesures de conservation, dont le Limousin ou le statut de conservation est passé de « vulnérable » à « mineure ». Mais dans certaines régions, la plante a encore le statut de « vulnérable » en Picardie, Aquitaine et Corse et même « en danger » en Nord-Pas de Calais. Il y a donc encore du travail pour une prise de conscience de la protection de la nature tant que celle-ci sera en concurrence avec la volonté de rentabilité des rendements des cultures.

En France, il est le symbole des anciens combattants, des victimes de guerres, des veuves et orphelins de guerres.

Dans les pays du Commonwealth, c’est le coquelicot et en Belgique c’est la marguerite.

Les photos ci-dessous des grands massifs de bleuets, ont été prises au printemps 2022 en compagnie de grands massifs de coquelicots que l’on ne pouvait pas rater depuis la route d’Evaux-Les-Bains.

Chardon bleu (Echinops ritro)

Ce beau chardon d’un bleu azur a été photographié le long de la route dans le triangle de la Bourderie côté route de Saint-Pardoux. Je n’avais encore jamais vu une boule de chardon aussi ronde et bleue dans la commune. L’un de ses noms vernaculaires est Azurite (comme le minéral qui est d’un bleu aussi intense). Mon premier réflexe a été de la rechercher dans ma flore de France mais elle n’y est pas référencée. Mais ce livre ne recense pas la flore méditerranéenne car en effet, d’après le site du MNHN, la carte de répartition la situe sur le pourtour méditerranéen de la métropole jusqu’aux Cévennes. Comment est-il arrivé chez nous ? Oiseaux, vent ?

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/95709/tab/carte

Chanvre d’eau (Bidens tripartita)

Le chanvre d’eau est une Asteracée de milieux humides, originaire d’Europe et d’Asie occidentale.

Chardon-Marie (Silybum marianum)

Le Chardon-Marie est un chardon comestible. Les feuilles et les tiges peuvent se consommer en salade. Il est réputé depuis l’antiquité pour ses vertus curatives du système hépatique.

Chardon penché (Carduus nutans)

Le chardon penché doit son nom à son inflorescence toujours inclinée. Elle est tellement inclinée que j’ai dû tenir une fleur avec un batonnet pour pouvoir la photographier. C’est un chardon assez grand, 1,50m en moyenne, qui occupe les pâturages, les terrains vagues herbeux. Son capitule est d’un pourpre vif mais il existe une forme blanche. Les pieds pourpres ont été photographiés dans une pâture le long de la Méouze en bas d’Anchaud et en assez grand nombre. D’ailleurs durant l’année de prise de vue, 2020, ce chardon était très abondant. Cette même année, j’ai croisé un seul pied chardon qui avait les capitules aussi penchés et qui avait toutes les caractéristiques physiques que les pourpres, mais blanc. Pour être sûr que c’était bien un chardon penché, j’ai cherché sur Internet et il existe bien une variante blanche mais rare. Ce seul pied n’a pas été photographié sur la commune de Sannat mais sur celle de Saint-Priest, le long de la route un peu plus haut que le carrefour de La Brande.

Cirse commun (Cirsium vulgare)

Le Cirse commun est une plante petite à grande, de 30 cm à près de 2 m de hauteur. Il est présent partout en France et Corse. Mais il est aussi présent partout dans le monde, d’origine naturelle en Europe, Asie et Afrique, il s’est acclimaté aux Amériques en Australie et Polynésie.

Les jeunes racines sont comestibles, ont un goût de salsifis et ont la réputation de soigner spasmes convulsions et torticolis.

 

Cirse laineux (Cirsium eriophorum)

C’est une Asteracée bisannuelle européenne. En France et se trouve principalement dans les Pyrénées, le Massif-Central, les Alpes, le Jura et le Nord Est. Cette plante est assez grande, 1,50m à 1,80m.

Matricaire inodore (Tripleurospermum inodorum)

Cette plante est originaire d’Eurasie et d’Afrique du nord. Elle est considérée comme une mauvaise herbe qui envahi les lieux laissés sans culture. Elle peut recouvrir toute une parcelle comme celle prise en photo, le pré entre le chemin du stade et la route de Samondeix.

Elle est reconnue comme plante envahissante…mais pas chez nous cette fois, en Amérique du Nord ou elle a été introduite. Echange de bons procédés, ils nous envoient la Matricaire odorante, on leur envoie la nôtre. Non mais, des fois!

Matricaire odorante (Matricaria discoidea)

La matricaire odorante est une plante adventice des cultures. Comme la camomille romaine, elle a des propriétés sédatives en infusion et peut être utilisée comme plante aromatique. La matricaire est originaire d’Amérique du Nord, elle a semble t-il été introduite en Europe dans la deuxième partie du 19ème siècle. Mais elle n’entre pas en compétition avec les espèces locales et ne comporte pas de risques sanitaires. Elle n’a pas le statut de plante envahissante.

BORRAGINACEES

Buglosse des champs (Anchusa arvensis)

Bord de route, Samondeix. 

Petite plante annuelle de 20 cm max, aux fleurs bleues à fond blanc et aux feuilles poilues. La floraison s’étend de juin à septembre. Elle est peu courante en Creuse car elle préfère les sols moins acides, mais elle reste présente surtout sur les talus sablonneux, les bords de routes et les terrains vagues. C’est un des rares spécimens photographié à Sannat.

DIPSACACEES

Cardère sauvage (Dipsacus fullonum)

La cardère sauvage que l’on nomme souvent chardon n’est pas une Asteracée comme beaucoup d’autres chardons. Son nom vernaculaire partage pourtant la même racine latine « carduus » qui caractérise le nom latin de beaucoup de chardons « vrais ».

La cardeuse à main ; outil qui servait à carder la laine, à effilocher, peigner ou démêler la laine ; était garnie de piquants comme les chardons.

Mais comme ces plantes ont aussi été utilisées pour peigner ; carder ; la laine, elles ont acquis le nom populaire de cardère sans pour autant être des chardons.

C’est une plante bisannuelle commune de taille moyenne à haute, de 70 cm à 2 m.

FABACEES ou LEGUMINEUSES

Robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia)

Communément appelé acacia, le Robinier faux acacia est originaire d’Amérique du nord, de la chaîne des Appalaches dans l’Est des Etats-Unis. Il a été introduit en France au début du XVII ème siècle par Jean Robin ; botaniste d’Henri IV). Il a rapporté des graines du nouveau monde en 1601. Le plus vieux Robinier de France et aussi le plus vieil arbre de Paris est un Robinier situé square René-Viviani et a été planté en cette année 1601.

Elle est une espèce pionnière, elle colonise les terrains qui ont subit de fortes perturbations comme des incendies, des remaniements ou des travaux de terrassement comme les bords de routes, d’autoroutes, de voies ferrés ou des coupes forestières à blanc. Il peut s’élever jusqu’à 30 mètres de haut.

Il reste en place pendant des dizaines d’années, jusqu’à ce que des espèces qui poussent plus haut que lui le fasse disparaître. Car il déteste l’ombre. Il préfère l’exposition au soleil, sur sols pauvres très peu calcaires mais aussi plutôt secs.

Ses racines ont la faculté de fixer l’azote atmosphérique, il enrichi donc les sols pauvres en nitrates. Cette faculté a hélas le défaut de faciliter la pousse d’une flore de sols riches au détriment de la flore locale qui se satisfaisait de son milieu pauvre en nitrates. Ses graines ont une germination lente et difficile, c’est pourquoi il a développé un système compensatoire par drageonnage rapide et envahissant.

C’est une espèce considérée comme exotique envahissante.

Sources : Wikipédia et https://inpn.mnhn.fr/

Bois d’Evaux, au bord de la route, carrefour des Rieux.

LILIACEES

Les Liliacées sont une famille de plantes dont la partie souterraine appelée organe de réserve a une forme bulbeuse dans la majorité des espèces (tulipes, jacinthes, lys, narcisses, jonquilles) mais aussi rhizomateuse (muguet, sceau de Salomon). A la belle saison, ces bulbes et ces rhizomes développent rapidement leurs feuillages externes jusqu’à une floraison éphémère. Tout le système végétatif aérien disparaît rapidement dès la fructification pour ne laisser que l’organe de réserve invisible sous terre jusqu’au printemps suivant.

Muguet de mai (Convallaria majalis)

MALVACEES

Petite mauve (Malva neglecta)

Les photos de cette petite mauve ont été prises dans mon jardin. Je ne l’ai pas encore vue ailleurs.

ORCHIDEES

Pour la plupart d’entre nous, quand on parle d’orchidées, nous avons en tête ces magnifiques fleurs d’origines tropicales, cachées au fin fond des forêts vierges d’Afrique, d’Amazonie ou d’îles paradisiaques. Il est vrai que la majorité des 25000 à 30000 espèces recensées sont en grande majorité tropicales, épiphytes, ne poussant que sur leurs arbres hôtes. Mais pour les rencontrer, il n’est pas nécessaire de traverser les océans et d’affronter les dangers et les maladies exotiques. Nos régions tempérées accueillent aussi quelques espèces d’orchidées. Elles sont plus ou moins discrètes selon les variétés, plus ou moins rares et quelques spécimens sont tellement rares, que leurs sites de floraison sont jalousement tenus secrets et sévèrement gardés. De plus, leur mode de vie, terrestre, en symbiose avec un champignon sans lequel elles ne peuvent vivre, rend leur adaptation à une culture de jardin quasiment impossible. Tout prélèvement pour une acclimatation en jardin privé a de grandes chances de se solder par un échec.

L’espèce la plus rare, en voie de disparition car victime de collectionneurs égoïstes, extrêmement protégée est présente en Limousin. Il s’agit du magnifique Sabot-De-Vénus. A peine une demi douzaine de spécimens sont recensés sur le plateau de Millevaches. Mais même ces infos ne sont pas forcément exactes pour la protection de la plante. Seuls les gardes du parc connaissent leurs localisations et il n’est même pas imaginable d’avoir une quelconque autorisation de photographie sans être un scientifique dûment accrédité.

Sur la commune de Sannat, trois espèces sont régulièrement présentes dont l’une est fréquente. Avec leurs fleurs pourpres foncées à roses, elles sont confondues la plupart du temps avec des jacinthes sauvages. Lors de mes randonnées, j’en ai rencontrées deux autres, mais seulement quelques spécimens et au mieux deux années de suite sur le même site. Je ne les ai, hélas, plus revues depuis.

Orchis mâle (Orchis mascula)

C’est l’orchidée la plus visible. Au début du printemps, elle abonde le long des routes, sur les talus, dans les fossés, en groupes plus ou moins denses. Des trois orchidées pourprées présentes sur la commune, c’est aussi la plus aisée à identifier. Ses feuilles sont ornées de grosses taches pourpres qui peuvent parfois recouvrir l’ensemble de la feuille. Les fleurs rosées à pourpres ont un coeur blanc pointillé de petites taches. Elle peut être présente dans les prés, mais les talus de bords de routes ou de chemins restent ses lieux de prédilection. Elle est présente sur tout le territoire métropolitain à l’exception de la côte méditerranéenne.

Cette année 2022, un peu partout dans le département, j’aperçois parmis les groupes d’orchis mâles violets, un spécimen blanc, très blanc. Je n’en ai pas encore aperçu dans la commune. Les photos ci-dessous ont été prises au carrefour de Saint-Julien et de la route d’Evaux, un pied de chaque côté. Ce que je croyais être une nouvelle espèce est en fait un orchis mâle dont la couleur blanche peut exister dans des cas rares.

Les deux espèces d’orchidées qui suivent ont été photographiées aux Boutilloux, dans le premier pré à droite en sortant du bourg, entre le chemin, la route et le square du lotissement. 04 mai 2022. En 2020, seuls deux ou trois pieds étaient observables. Je pensais alors que c’étaient des orchis mâles et je n’y ai pas prêté plus d’attention. En revisionnant les photos pour le site, je me suis aperçu que les inflorescences n’avaient aucune ressemblance avec celles de ces derniers. J’y suis retourné ce 4 mai pour voir si ces spécimens encore non identifiés étaient de retour. Oh que oui! Mais par dizaines. Non seulement une espèce mais deux, dans le même espace. Elles se ressemblent beaucoup, mais des détails permettent de les différencier. De la route, on ne les voit pas très bien. Mais entrez dans le pré et vous allez être éblouis par la quantité de fleurs. Mais attention! Contentez vous de les admirer, de les photographier sans les abîmer ou les cueillir. Respectez les d’autant plus que c’est le seul site de la commune ou j’ai pu les observer, du moins à ce jour.

Orchis de mai (Dactylorhiza majalis)

Ces deux espèces ne sont pas facile à différencier. A partir de recherches sur Internet et sur mes livres de flore,  les taches sur les feuilles de l’orchis incarnat sont moins nombreuses, plus diffuses voire absentes. Sur le terrain, la couleur des inflorescences est plus différenciée et plus foncée que sur les photos. Mais, en photo, les couleurs pourpres ou violettes sont victimes d’un effet bien connu des photographes chevronnés, appelé “effet ageratum”, du nom d’une fleur violette. Cet effet lié au calibrage des filtres automatiques des appareils, fausse le rendu réel de ces couleurs et les rend impossible à reproduire.

Orchis incarnat (Dactylorhiza incarnata)

Orchis tacheté (Dactylorhiza maculata)

Cette orchidée n’a pas de type de sol préféré. Mais elle est rare. Elle aurait même disparu de certains pays d’Europe. Ces images ont été prises en mai 2011, dans les bois d’Evaux, aux limites des communes de Sannat et de Saint Julien en bord de chemin. Je l’ai aperçue deux années de suite puis elle a disparu. Je n’arrive plus à retrouver le lieu exact. Les bois d’Evaux ont tellement été remodelés par les coupes forestières, les passages d’engins d’exploitation, de quads, motos et 4X4 que ces trois pieds ont certainement et définitivement été détruits.

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Cette orchidée est fréquente dans le nord ouest de l’Europe mais rare en France. C’est donc une fois de plus, une chance de l’avoir à Sannat. Sa floraison est tardive, en juin. J’ai vu ce seul pied par hasard alors que je faisait une pause sur le banc de bois installé dans le petit triangle de la patte d’oie de la Bourderie. Au moment ou j’écris ces lignes, je ne lai pas encore vue. Mais, il m’a semblé avoir aperçu quelques plans de feuilles qui me donnent l’espoir d’en voir fleurir ; peut-être ; plus d’un spécimen. Patience jusqu’en juin.

Juin 2022, la patience a payé. Cet orchis est bien présent cette année encore. Il y a plus de pieds que je l’avais prévu début mai, huit en fait.

Orchidées exotiques

Au sens “orchidées exotiques”, je veux parler d’orchidées qui poussent hors de notre département mais toujours sur le Massif Central. Mais ces orchidées préfèrent les sols calcaires. Certes je m’éloigne du patrimoine naturel sannatois, mais je ne résiste pas au plaisir de vous présenter les cousines de nos orchidées. Elles affectionnent plus les sols des causses que nos terres granitiques. Les photos ont été prises cette fin de mois d’avril 2022 sur le Larzac.

Orchis singe (Orchis simia)

Orchis pourpre (Orchis purpurea)

Ophrys araignée (Ophrys sphegodes)

Céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra)

RENONCULACEES

Ancolie commune (Aquilegia vulgaris)

La Chaize, route d’Evaux à l’entrée des bois. 22 mai 2022

PLANTES ENVAHISSANTES

L’UICN France (Union internationale pour la conservation de la nature) met régulièrement à jour la liste des plantes envahissantes sur le territoire français.

Certaines peuvent être signalées dangereuses pour l’homme et la faune, car elles peuvent porter atteinte à l’intégrité physique ou sanitaire des individus touchés, par exemple causer des brûlures de la peau ou causer des allergies graves. Les effets néfastes de certaines espèces peut conduire à des campagnes d’éradication totale.

En 1995, les biologistes anglais Quentin Cronk et J.L. Fuller ont donné une définition de la plante envahissante, aussi appelée plante invasive, dans leur livre commun :

Plant Invaders: the Threat to Natural Ecosystems, (Plantes envahissantes : la menace pour les écosystèmes naturels.)

« Espèce exotique naturalisée dans un territoire qui modifie la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes naturels ou semi-naturels dans lequel elle se propage. »

Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia)

Cette Asteracée est originaire d’Amérique du nord. Elle a un statut de plante préoccupante pour l’Union Européenne. Plante adventice des cultures, elle entre en compétition avec d’autres plantes cultivées en se développant avant la pousse du semis. Elle occupe aussi les sols en friche, les aires de chantier, les bords de routes quand ceux-ci n’ont pas encore été colonisés par la flore locale car elle n’aime pas la concurrence. Elle présente des risques pour la santé humaine. Son pollen très allergène provoque rhinites, crises d’asthme et conjonctivites.

Cette plante est tellement préoccupante, que les pouvoirs publics ont mis en place des mesures d’éradication.